Frédéric Michalak

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Frédéric's Détails

À propos de Frédéric

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Fred aux mains d’argent

Il était une fois un rugbyman à boucle d’oreille, aux jambes de serin et au talent flamboyant. Dès son plus jeune âge, ce jeune rugbyman était tombé dans la marmite. Pas dans celle qui fait des garçons hyper costauds, non. Plutôt dans celle qui fait que tout être plongé dans son eau en ressort pétri de talent. La marmite, c’est celle préparée par son papa, rugbyman et entraîneur des jeunes pousses du club de Ramonville, dans la toute proche banlieue de Toulouse. La sauce prend vite et, rapidement, Fred Michalak rejoint le Stade Toulousain, à huit ans, entre un peu plus tard au lycée professionnel de Jolimont – l’antichambre du club le plus titré de France, pense rugby, mange rugby, dort rugby, rigole rugby, grandit rugby.

« Les déplacements en bus avec les potes »

« Mes plus beaux moments, se souvient encore l’orfèvre du crochet intérieur, je les ai vécus dans ces années. Personne ne te connaît, tu prends beaucoup de plaisir sur le terrain sans pression sur ton nom, et les déplacements en bus avec les potes restent des moments à part, qu’on ne peut raconter mais que tous les jeunes rugbymen connaissent… »

Fred sourit doucement. C’est qu’il est moins facile aujourd’hui d’aller « boire des coups avec les potes » sans que quelqu’un te dise : ‘‘Eh, va te coucher, tu as match demain !’’ Alors, le plaisir a changé et Fred est allé le chercher ailleurs. Dans la performance. Il faut dire que son talent, lumineux, éclate précocement. Il a 17 ans quand il signe son premier contrat pro, juste avant les années 2000, époque à laquelle le rugby entre de plain-pied dans le professionnalisme.

Un talent si précoce

A 18 ans, le voilà propulsé en équipe première, où il fait les beaux jours du Stade Toulousain, au poste de demi d’ouverture. Au printemps 2001, il devient champion de France ; en novembre de la même année, il connaît sa première sélection en équipe de France, face à l’Afrique du Sud. Il n’entre que pour quelques instants, mais sa trajectoire prend de l’ampleur. Entre 2001 et fin 2007, « Michou » ou « Polak », comme l’appellent ses amis, en référence à ses origines polonaises par son papa – sa maman est d’origine tunisienne – accumule 50 sélections, avec le maillot de demi d’ouverture ou de demi de mêlée. C’est que sa qualité de passe et sa vivacité lui permettent de jouer indifféremment à ces deux postes clés du rugby.

« Il emmène l’adversaire… »

Son talent est indiscutable. Il tient en quelques mots, en quelques idées que peu de joueurs au monde sont capables de revendiquer : il a cette capacité à bonifier les ballons qui lui arrivent dans les mains et sait déstabiliser une défense. Thomas Castaignède, autre figure de légende du rugby à la française, ne tarit pas d’éloge et glisse, un jour, que « Fred a cette capacité à emmener son adversaire où il veut, avant même d’avoir le ballon. » Comprenez que le joueur a du flair, de l’audace, un charisme qui peut désarçonner un défenseur. Il a aussi des jambes de feu, un crochet fulgurant et ne rechigne jamais à défendre. Ni à prendre des risques.

Mozart et les statistiques

Or, dans ce rugby d’aujourd’hui qui pousse, combat, ahane, et tient des statistiques, pour ces gens qui comptent, Fred Michalak est à part. En marge. Mis à part une sélection contre l’Italie lors du dernier tournoi des VI Nations, Fred n’a que rarement porté le maillot tricolore depuis la Coupe du monde 2007. Une absence qui s’explique par diverses raisons : un intermède de quelques mois en Afrique du Sud, chez les Natal Sharks, pour y jouer le Super 14, la compétition des provinces sud-africaines, Néo-Zélandaises et australiennes, et aussi pour respirer, trouver un nouvel élan, voir le monde, connaître autre chose ; des blessures qui s’enchaînent sur un physique plutôt commun dans ce monde de costauds ; une philosophie du jeu pas forcément en adéquation avec le rugby de ces gens qui comptent, monsieur, qui comptent…

Ce n’est pas hasard si, après son évasion sud-af’, Fred a préféré retourner « à la maison », au Stade toulousain, école du jeu, de l’attaque, de la prise de risques mesurées, auprès d’un entraîneur, Guy Novès, qui préfère une audace assumée à la frilosité contrite.

Un joueur hors-norme

Il en faudrait bien peu pour que Michalak retrouve les ors des tournées du XV de France. Il attend l’occasion de renouer avec le Coq. Il en a le jeu. Il en a aussi la volonté. A 28 ans, le beau gosse du rugby hexagonal – sa bouche charnue et son air de se moquer gentiment du monde entier l’ont propulsé ambassadeur de quelques marques de renom – n’est pas prêt à renoncer. Sa vie est devant : « Ce qui me fait avancer, aujourd’hui, c’est mon envie de me mettre au défi, d’être le meilleur. J’ai encore faim et je ne regarde pas derrière moi. Je me suis beaucoup remis en question et je sais ce que je veux : m’épanouir dans ce que je fais. »

En dépit de sa notoriété, Fred Michalak est resté simple, accessible, trouve son plaisir dans les petits riens de la vie, les soirées entre amis et la musique. Il en joue, il compose, avoue son attirance pour le hip-hop et ses multiples sources d’inspiration. Puis il reste un joueur hors-norme, de la trempe de ceux qui, sur un coup d’audace ou un coup de dé font basculer un match. Il a en lui ce petit quelque chose d’âme en plus qui le rend imprévisible et inclassable. Sa petite faiblesse et son atout maître.